01 octobre 2007

RENOVATION : "LE PS DOIT ETRE EN PERPETUELLE MUTATION"

PS_FRANCOIS_HOLLANDEPour François Hollande, Premier secrétaire du Parti socialiste, le processus de rénovation doit permettre de refonder l’identité même du Parti, autour des principes qui font consensus, mais également en débattant des idées et des thèmes sujets à divergence. Au terme de cette démarche, les valeurs admises par tous feront l’objet d’une charte fondamentale, tandis que les options divergentes seront tranchées par les adhérents du PS, lors du prochain congrès.

L’objectif premier du processus de rénovation du Parti socialiste est "la refondation idéologique et programmatique". En quoi cette refondation est-elle nécessaire ? Urgente ?

Elle est nécessaire et urgente. Parce que l’on ne peut pas simplement analyser une défaite à travers des questions de personnes, soit liées à notre adversaire, soit à notre candidate. Ce ne serait pas juste et ne nous ferait guère progresser. On ne peut pas non plus analyser la défaite simplement par rapport à telle ou telle proposition. Il faut revenir sur l’essentiel, c’est-à-dire sur ce qui a fait que les socialistes et notre candidate n’ont pas été jugés comme les plus convaincants, les plus prêts, les plus adaptés au monde contemporain et à la société d’aujourd’hui. Là réside la question fondamentale.

Qu’est-ce qui a guidé le choix thématique des trois grands "forums de la rénovation ?"

Nous devions traiter les sujets les plus difficiles et ceux qui nous ont posé problème dans la campagne présidentielle : notre rapport à la mondialisation, l’articulation entre l’individu – ses aspirations de réussite – et le collectif et, enfin, le rapport à la nation, ce que l’on appelle le "vivre ensemble".

Qu’est ce qui fait de cette rénovation un processus vraiment innovant, notamment par rapport aux "états généraux du projet", qui se sont tenus il y a un an et demi ?

Il ne s’agit pas de refaire un programme. Il sera temps, au lendemain de notre congrès, d’ouvrir ce chantier. L’objectif est d’aller au cœur même des grands défis contemporains les plus délicats à relever. Et de discerner ce sur quoi nous pouvons nous retrouver tous. C’est ce qui fondera l’identité du Parti socialiste. Mais cela permettra également d’identifier les réponses sur lesquelles nous divergeons. Et ce sera aux adhérents du Parti socialiste de les trancher, lors du prochain congrès, sur la base d’un processus de rénovation qui aura permis à la fois de formaliser ce qui nous unit autour d’une charte fondamentale, et de préciser clairement les différentes options ou stratégies qui nous séparent, afin de les soumettre au vote militant pour dégager la ligne majoritaire.

Plusieurs acteurs de ce processus ont déjà joué des rôles majeurs dans d’autres moments de diagnostic ou de propositions. En même temps, beaucoup de rapporteurs ou de membres de commission sont peu ou pas connus… Est-ce cela la rénovation, un mélange de jeunesse et d’expérience ?

Attention ! Les acteurs du processus, ce ne sont pas seulement les quelque 100 membres des trois commissions mises en place pour les forums. Les militants doivent être associés de multiples façons. Ce sera l’objet des forums qui se tiendront dans toutes les fédérations mais aussi des débats sur internet. Le travail des commissions sera de fournir un premier matériau, des premières analyses, mais pas de décider à la place des socialistes de ce que sont leurs valeurs fondamentales, leur identité. En leur sein se côtoient effectivement plusieurs générations, dans toutes leurs diversités. C’est ce mélange qui va permettre la transition, le passage de relais, mais aussi la transmission du savoir, de l’expérience.

Pourquoi n’avoir pas carrément changé le nom du Parti pour effectuer une vraie rupture ?

Le mot de "socialiste" n’est ni démodé, ni déconnecté, ni disqualifié. Au contraire, il est porteur d’aspirations modernes et de valeurs permanentes. Quand on a la chance de s’appeler socialiste, on ne met pas le drapeau en berne, on le porte haut.

Concernant la rénovation du Parti, des procédures et de l’organisation, jusqu’où êtes-vous prêt à aller ? Des primaires ouvertes à tous, comme en Italie, une harmonisation nationale des cotisations, un journal d’information en kiosque…?

Un groupe de travail va réfléchir sur toutes les formes d’organisation, de communication, de vie interne. Mais ce sera le congrès qui aura la responsabilité de décider. Oui, effectivement, les modalités de cotisation posent problème, notamment depuis que l’on a introduit les primo-cotisations à 20 euros. Je souhaite aussi que l’on puisse adopter des modes d’organisation plus simples, plus compréhensibles pour nos adhérents comme pour nos électeurs. Plus accessible, notre Parti deviendrait plus fort. Et puisque vous évoquez nos amis de la gauche italienne, sachez qu’ils vont organiser une participation démocratique pour l’élection de leurs dirigeants, pas seulement les dirigeants nationaux, mais également les dirigeants fédéraux. Est-ce que nous pouvons aller jusque-là ? Je ne sais pas, mais ce sont des débats que nous devrons avoir entre nous.

À titre personnel, est-ce que vous vivez ce processus de rénovation comme la grande œuvre de votre long mandat… Est-ce une façon de laisser une marque dans l’histoire du Parti, juste avant votre dernier congrès ?

Le processus se poursuivra au-delà du congrès, nous devons réactualiser en permanence nos valeurs, confronter sans cesse nos idées avec la réalité, pour être le plus concret, le plus efficace possible. Je veux non pas clore le processus, mais, au contraire, l’ouvrir. Tout en gardant ses valeurs, le PS doit être en perpétuelle mutation. La rénovation doit être une activité permanente du Parti socialiste. Effectivement, je souhaite qu’au terme de mon mandat de Premier secrétaire, nous ayons pu répondre clairement à des questions qui nous sont posées depuis trop longtemps : quel est le rapport des socialistes avec le marché ? Quels instruments aujourd’hui pour la transformation et la redistribution ? Quelles réponses face à l’individualisation et la mondialisation ? Quel est le sens du progrès au XXIe siècle ? Souvent, nous sommes interpellés : le PS a-t-il enfin fait son aggiornamento ? Oui, depuis plusieurs années, mais cette fois, il va l’écrire !

En quelques mots, si vous deviez convaincre ceux qui nous liront de participer au processus, que leur diriez-vous ?

Il ne va pas falloir simplement écrire un texte bien ficelé dans une langue souvent incomprise par le plus grand nombre, avant de le stocker quelque part sur une étagère. Non, il faudra envoyer des contributions, apporter son témoignage, raconter son quotidien, bref, prendre sa part dans le débat autant qu’il sera possible, et permettre à notre prochain congrès d’évoquer l’essentiel : sur quoi sommes-nous tous d’accord, et qui fonde notre identité, et sur quoi devons-nous effectivement encore débattre pour fixer une ligne claire, cohérente et acceptée par tous.

Source : L'hebdo des socialistes, n° 459, Samedi 29 septembre 2007. Propos recueillis par Ariane Gil. Photographie par Philippe Grangeaud, Solfé communications.


PS_FORUMS_RENOVATION

Forum 1 : Les socialistes et la nation

Citoyens dans la France du XXIe siècle : construire un nouvel esprit public, définir de nouveaux droits et de nouveaux devoirs, approfondir la démocratie.

Samedi 24 novembre

Commission 1

Président : Jean-Jacques Urvoas

Rapporteurs : Delphine Batho et Razzye Hammadi

Membres : Hicham Affane, Patrick Bloche, Joël Carreiras, Philippe Darriulat, Yves Durand, Olivier Dussopt, Vincent Feltesse, Jérôme Guedj, Adeline Hazan, Catherine Joly, Pascal Joseph, Emmanuel Lacresse, Faouzi Lamdaoui, Claire Leflécher, Annick Lepetit, Bruno Le Roux, Sandrine Mazetier, Akli Mellouli, Mickaël Moglia, Safia Otokoré, Mehdi Ouraoui, Christian Paul, George Pau-Langevin, Claude Roiron, Bernard Roman, Patricia Schillinger, Danièle Simonet, Caroline Tahar, Catherine Tasca, Yannick Trigance, Manuel Valls, Clotilde Valter, Henri Weber, Caroline Werkoff.

Forum 2 : Les socialistes et le marché

Quels modèles de croissance et de redistribution justes et durables aujourd’hui ? Une stratégie économique nationale et européenne offensive pour un socialisme moderne.

Samedi 15 décembre

Commission 2

Présidente : Anne Hidalgo

Rapporteurs : Guillaume Bachelay et Harlem Désir

Membres : Guillaume Balas, Laurent Baumel, Pervenche Berès, Karine Berger, Jean-Louis Bianco, Malek Boutih, Nicole Bricq, Pascal Cherki, Francis Chouat, Seybah Dagoma, Stéphane Delpeyrat, Aurélie Fillipetti, Charles Fiterman, Gaëtan Gorce, Liem Hoang- Ngoc, Pierre-Yves Le Borgn’, Marylise Lebranchu, Pascale Le Néouannic, Marianne Louis, François Marc, Béatrice Marre, Didier Migaud, Arnaud Montebourg, Pierre Moscovici, Pierre-Alain Muet, Sibeth N’Diaye, Bernard Pignerol, Stéphane Pocrain, Bernard Soulage, Catherine Trautmann.

Forum 3 : Les socialistes et l'individu

Refonder les solidarités, lutter contre les inégalités, émanciper les individus : vers un nouveau contrat social.

Dimanche 20 janvier 2008

Commission 3

Président : André Vallini

Rapporteurs : Najat Belkacem et Mireille Le Corre

Membres : Élisabeth Auerbacher, Hervé Baro, Alain Bergounioux, Dominique Bertinotti, Pascale Boitard, Gilles Bon-Maury, Luc Broussy, Fanny Bullaert, Jean-Pierre Caffet, Frédéric Cuvillier, Marc Deluzet, Olivier Faure, Olivier Ferrand, Jacques Généreux, Françoise Gueng, Élisabeth Guigou, Régis Juanico, Bariza Khiari, Vincent Léna, Thierry Mandon, Dominique Méda, Bertrand Mertz, Mao Peninou, Marie-Françoise Pérol-Dumont, Thierry Repentin, Barbara Romagnan, Laurence Rossignol, Lucile Schmid, Pascal Terrasse, Marisol Touraine, Stéphane Travert, Alain Vidalies, Michel Yahiel.

Toutes les informations sur le processus de rénovation du Parti socialiste sur son site Internet.

Posté par AMBROISE_NPS à 14:02 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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