UN MONDE D'AVANCE- SECTION LEON BLUM

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01 novembre 2007

LE 10 NOVEMBRE, BENOIT HAMON LANCE "LA FORGE"

PS_NPS_RG_BENOIT_HAMONCa y est : après l’avoir annoncé puis repoussé pendant des semaines, Benoît Hamon présentera son projet de think tank le 10 novembre, à Sciences Po Paris : La Forge. L’image ouvriériste, appuyée par un logo rouge feu, contraste avec l’ambition affichée : rénover le PS. Sans doute faut il y voir la touche provocatrice du jeune député européen, agacé par les incantations de ses camarades quadras qui appellent tous les quinze jours à rassembler les "modernes" contre les "archaïques".

Il est vrai que s’afficher aux côtés d’Henri Emmanuelli n’est pas forcément un gage de rénovation. Mais les quadras du PS, tonitruants à la rentrée, se font assez discrets. Montebourg le jeune lion semble perdu dans sa savane, tandis que Manuel Valls peine à organiser un réseau autour de lui. Benoît Hamon choisit donc le moment pour prendre la main, d’autant qu’il bénéficie depuis peu d’une certaine notoriété. Et qu’il peut s’appuyer sur un solide réseau d‘amitiés tissées depuis une quinzaine d’années dans les réseaux de jeunesse.

Cependant, l’objectif de La Forge est différent de ceux des habituels courants. Ce n’est pas au sein de l’appareil que Benoît Hamon compte recruter ses ouvriers mais à l’extérieur. D’où son appel lancé en juillet dernier dans un texte : La Forge, pour réinventer la gauche. Jusqu’à présent, 120 personnes ont exprimé leur volonté de travailler : hauts fonctionnaires, universitaires, syndicalistes, magistrats, médecins, écrivains.

L'historien, l'éditeur et l'économiste

Si l’affichage joue la tradition, l’ambition est novatrice. Les principaux maîtres d’œuvre ont pour point commun d’être de vieux amis du député européen, mais aussi d’avoir pris leurs distances avec l’appareil PS. Fatigués par l’absence d’écoute de leur génération et par la faiblesse des débats.

Aux fourneaux, trois trentenaires aux profils singuliers : Éric Perraudeau, historien, secrétaire général de l’OFCE (Office français des conjonctures économiques, présidé par Jean-Paul Fitoussi), Hugues Nancy, ancien président du MJS, conseiller éditorial aux éditions de L’aube, notamment sur les questions de l’Islam, et Emmanuel Lacresse, énarque, économiste. "L’un des objectifs de ce lieu sera de faire travailler ensemble des personnes qui n’en ont pas l’habitude: hauts fonctionnaires, universitaires et praticiens, explique ce dernier. Il y a d’un côté les universitaires qui animent le débat d’idées, d’un autre, les fonctionnaires qui appliquent les politiques et enfin, la société civile qui n’a pas vraiment son mot à dire. D’où un débat intellectuel coupé des enjeux politiques et des réalités sociales, et des fonctionnaires imperméables au débat d’idées. Il faut faire en sorte que ces personnes se parlent et élaborent ensemble un projet politique pour la gauche."

Les animateurs de La Forge ne se satisfont pas des clubs et mouvements divers existants. "Quand on est énarque, l’exercice obligé consiste à rédiger des notes pour un candidat, à participer à des écuries présidentielles, poursuit-il. À force, ça lasse. Surtout quand on enchaîne les défaites ! Et si l’on veut débattre, il y a tous ces cercles divers et variés. Mais ce ne sont que des clubs de lecture pour quinquagénaires où des stars viennent réciter leur tribune publiée la veille dans Libération." La Forge veut changer les méthodes de travail. "Quand nous produirons une note, nous la ferons circuler afin de réaliser une synthèse, poursuit Emmanuel Lacresse. Et si on ne la trouve pas, on publiera les différents avis. Afin de toujours laisser une place pour les analyses minoritaires. Internet est pour cela un outil appréciable."

La Forge se fixe trois objectifs principaux : construire un projet politique détaché du court terme, participer au débat public, faire du lobbying. "Nous souhaitons que la diffusion de nos débats, de nos analyses soit la plus massive et la plus moderne possible", souligne Hugues Nancy. L’inspiration de La Forge a été puisée pour une bonne part à Bruxelles, où quelques-uns ont travaillé au coeur des institutions européennes. Les Français s’y distinguent habituellement par leur absence totale au sein des incontournables, réseaux de lobbying.

C’est donc aussi à une modernisation des pratiques politiques qu’appelle La Forge. Modernisation déjà initiée par Nicolas Sarkozy qui fait appel, pour donner les grandes lignes de sa politique économique, non pas à sa ministre, Christine Lagarde, mais à Jacques Attali, expert ès lobbying. "On aimerait pouvoir sortir une contre-proposition du rapport Attali sur la croissance, expose Benoît Hamon. Qui soit aussi crédible et médiatisée. Ces éléments, nous les avons déjà. Mais il faut faire des synthèses et arriver à percer dans le débat public." Après le temps des « jeunes lions » de Montebourg, celui des jeunes forgerons de Benoît Hamon. Mais qui fera des étincelles ?

Source : Témoignage Chrétien, n° 3273 en date du 1er novembre 2007. Article de Luc Chatel.


contact@la-forge.info / Télécharger la version PDF de cet article sur le lancement de LA_FORGE

Posté par AMBROISE_NPS à 19:09 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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