08 décembre 2007
L'OPTION DEMOCRATE ITALIENNE EN QUESTION, PAR PHILIPPE MARLIERE
Ségolène Royal l’a affirmé à plusieurs reprises : un accord électoral ou organique avec le MoDem - une formation de centre droit - est aujourd’hui envisageable pour le Parti socialiste. Dans l’entre-deux tours de l’élection présidentielle, Mme Royal n’avait pas exclu de nommer François Bayrou au poste de premier ministre, en cas de victoire contre Nicolas Sarkozy.
La représentante du PS avait, dans l’entre-deux tours, rencontré l’ex-ministre du gouvernement Balladur. A l’occasion d’un débat fort civil, les observateurs avaient pu constater qu’il existait de très importantes convergences entre les deux candidats sur l’Europe, la mondialisation ou les institutions.
Sévèrement battue au deuxième tour et en dépit du médiocre report des voix bayrouistes sur sa personne, Ségolène Royal a continué de défendre l’idée d’un rapprochement entre le PS et le MoDem. Elle a même prédit que "des choses allaient se passer" entre les deux partis à l’occasion des prochaines élections municipales. Eprouverait-elle quelque nostalgie pour les manœuvres d’appareil de la 4è République ; période pendant laquelle la SFIO a souvent cogéré le pays aux côtés des démocrates-chrétiens ? Ou alors, souhaiterait-elle rejouer la partition de l’ouverture rocardienne des années 1988-91, qui se solda par la débâcle électorale de 1993 ? Ou encore tenterait-elle de s’inspirer de la gauche italienne ? Cette dernière hypothèse paraît plausible car Ségolène Royal suit depuis quelque temps avec intérêt l’ouverture au centre pratiquée par les Démocrates de gauche (DS), le pendant italien du PS.
Cap à droite
En 1978, Enrico Berlinguer, le dirigeant du PCI, proposa un "compromis historique" aux démocrates chrétiens. Il s’agissait de s’opposer aux tentatives de déstabilisation fomentées par des groupuscules d’extrême droite et de réagir à l’assassinat d’Aldo Moro par les Brigades rouges. Récemment, les DS ont ressorti le projet de la naphtaline : en octobre 2007, les « socialistes» de DS et la nébuleuse démocrate-chrétienne et libérale de la Marguerite ont fondé un parti unique qui s’appelle - comme son modèle étatsunien - le Parti démocrate (PD). Ce parti n’est ni socialiste, ni de gauche.
Cette alliance du centre, organique, va toutefois se dérouler dans des conditions très différentes pour la gauche de ce qui aurait pu advenir dans les années 70.
Aux élections de 1976, le PCI (dont sont issus les DS) venait de recueillir 34,4 % des voix, alors qu’avant la création du PD, les DS ne parvenaient plus à rassembler que 15 % sur leur nom. Que s’est-il passé entretemps ? Un recentrage idéologique, politique et, aujourd’hui, partisan des DS. Ces derniers ont volontairement tourné le dos à la culture égalitaire et solidaire de la gauche postcommuniste depuis le début des années 90. Cette stratégie idéologiquement motivé a produit des effets désastreux dans la gauche italienne. Lorsque le PCI s’est transformé en Parti démocratique de la gauche (PDS) en 1991, la majorité des ex-communistes refusa la voie social-démocrate sociale et radicale. Le PDS privilégia un recentrage politique autour de sujets "sociétaux", au détriment d’engagements pour la justice sociale et de la poursuite d’une relation critique avec le capitalisme.
Le cap à droite coûta au parti une première scission et la création du Parti de la refondation communiste (PRC), un parti en réalité postcommuniste, ouvert aux thématiques "post-matéralialistes" (féminisme, environnement, égalité sexuelle, etc.), mais resté fidèle aux idéaux égalitaires de la gauche. Cette ligne de gauche a été récompensée par les électeurs italiens. Depuis 1991, le PRC peut compter sur un score plancher de 6 à 8 % des voix. Lors des élections législatives de 2006, les Italiens ont élu 41 députés du PRC. Le PDS - renommé DS - a continué obstinément dans la voie du recentrage et a perdu, à chaque élection, de nouvelles voix.
L’hémorragie électorale ne fut qu’artificiellement ralentie à partir de 1996 avec la création de l’Olivier, un cartel électoral. L’Olivier regroupe les DS (la principale force partisane), des ex-membres de la Démocratie chrétienne (DC), qui avait implosé à la suite des enquêtes de Manipulite, d’ex-Verts "cohn-bendistes" (Marco Rutelli, l’ex-maire de Rome), des libéraux de gauche et des Républicains. Ce regroupement électoral hétéroclite permet à l’Olivier d’atteindre péniblement les 30 % des voix. L’ex-Parti socialiste de Bettino Craxi (PSI), lui aussi emporté par Mani Pulite, qui obtenait encore plus de 15 % des voix à la fin des années 80, n’est pas réapparu comme force partisane crédible. Les voix socialistes en déshérence se sont réparties à gauche, au centre et dans la droite berlusconienne. D’ex-cadres socialistes ont connu le même parcours indigne que les Besson, Bockel, Amara et Kouchner.
Les cadres des DS ont droitisé le climat politique, ce qui a dérouté et découragé les électeurs de gauche. Le déclin culturel de la gauche a entraîné un déclin électoral marqué. La droitisation des DS a largement profité à Silvio Berlusconi, la plus grosse fortune du pays, qui fut élu à deux reprises président du Conseil. Une telle dérive à l’américaine ne se serait jamais produite si la gauche socialiste s’était un tant soit peu comportée comme une force de gauche. D’anciens cadres communistes ont activement contribué à discréditer les idées et les politiques de gauche (Massimo d’Alema, ex-président du Conseil, Piero Fassino, le dernier leader des DS et Walter Veltroni, admirateur de Bill Clinton et leader du nouveau parti centriste).
Un parti centriste
Le battage médiatique autour du blairisme et de son (introuvable) Troisième voie a été une aubaine pour les DS. A partir de 1997, ils purent revendiquer une "modernité de gauche", en se référant en positif au néolibéralisme autoritaire du premier ministre britannique. Cette nouvelle offensive idéologique au sein des DS permit de faire taire définitivement la gauche socialiste. Il ne subsista dans les DS qu’un courant de gauche très minoritaire, sans pouvoir et sans aucune influence sur la direction. Des observateurs de la vie politique italienne considèrent que la création du PD va provoquer un ultime exode de militants et de cadres sociaux-démocrates, qui refuseront de militer dans une formation composée de néolibéraux et de militants cléricaux. Un vent de panique souffle d’ailleurs en ce moment au sein du PD : et si la création de cette formation postsocialiste ne parvenait toujours pas à enrayer le déclin électoral continu qu’ont connu les DS depuis 15 ans ? Si cette hypothèse se vérifiait, que resterait-il à faire ? S’allier avec Berlusconi ?
Comment expliquer un tel aveuglement dans la poursuite d’une stratégie aussi néfaste pour la gauche italienne ?
D’abord, une erreur d’appréciation historique : les ex-communistes italiens ont cru, à tort, que la chute du l’Union soviétique avait discrédité les valeurs de gauche traditionnelles (solidarité et justice sociale, égalitarisme). Au début des années 90, les idéologues du Consensus de Washington répétaient que la modernité politique se mesurait à l’aune de la flexibilité économique et des privatisations.
Ensuite, une autre erreur sur le plan de la sociologie électorale : les DS ont pensé que la droitisation de leur discours et de leurs politiques permettraient d’attirer des électeurs centristes tout en retenant tout ou partie de leurs supporteurs de gauche. Ils se sont trompés dans les deux cas. Les DS ont perdu nombre de leurs soutiens traditionnels qui ont rejoint le PRC, d’autres formations de gauche ou qui se sont réfugiés dans l’abstention.
Inversement, la greffe avec les éléments chrétiens et néolibéraux de la Marguerite n’a jamais pris. Les militants, issus de deux traditions très différentes, coexistent difficilement au sein de l’Olivier. Il est à craindre qu’une cohabitation organique au sein du PD soit encore plus difficile à gérer. Dans un entretien récent (Le Monde, 22 mai 2007), Piero Fassino estimait que le PD sera un parti du "centre" qui prendra acte de la disparition du "vieux schéma tripolaire, droite, centre, gauche". Selon le leader des DS, la compétition politique se serait resserrée autour de deux grands blocs centristes (comme les républicains et les démocrates aux Etats-Unis), qui sont d’accord sur tout ou presque et qui se battent pour faire pencher en leur faveur les 2 ou 3% de l’électorat centriste flottant.
Cette lecture post-idéologique et post-partisane est en complet porte-à-faux avec le vote de classe et la forte mobilisation anti-Sarkozy lors du premier tour de l’élection présidentielle. Notons aussi que le positionnement "apaisé" de la gauche italienne a crédibilisé et légitimé Silvio Berlusconi, aujourd’hui considéré par les DS comme un homme politique comme les autres.
Les cultures politiques au sein de la gauche française et italienne étant assez proches (grille de lecture sociale en termes de classes, laïcité, égalitarisme profond, méfiance instinctive vis-à-vis du capitalisme, etc.), le cas italien est donc riche en enseignements pour le PS. A partir du cas italien, il est aisé d’imaginer ce qui se produirait en France si Ségolène Royal était en mesure d’imposer une alliance avec le MoDem. Il faudrait donc demander à Mme Royal quelles sont les raisons qui la poussent à privilégier une stratégie vouée à un échec cinglant. En attendant sa réponse, la voilà prévenue : son ouverture au centre serait désastreuse pour la gauche, tout simplement car elle empêcherait la mise en œuvre de politiques de gauche.
Source : Lettre d'information du Nouveau Parti Socialiste, n°3, vendredi 7 décembre 2007. Philippe Marlière est Maître de conférences en sciences politiques à l'Université de Londres. Il est l'auteur de La Troisième voie dans l’impasse. Essais sur Tony Blair et le New Labour, Paris, Syllepse, 2003.
LA GRANDE ILLUSION DES HEURES SUP
En liant le pouvoir d’achat uniquement à l’augmentation de la durée du travail, le gouvernement promeut une mesure aussi coûteuse qu’inefficace, et dont les effets pervers apparaissent d’emblée, tant pour les salariés, les chômeurs que les chefs d’entreprise.
Travailler plus pour gagner plus ? "Ce slogan de la campagne de Nicolas Sarkozy tourne au fiasco absolu." Pour Michel Sapin, secrétaire national du PS à l’économie et à la fiscalité, "l’objectif de gagner plus n’est pas idiot pour éviter l’érosion du pouvoir d’achat. Mais le ressort fondamental se trouve dans l’évolution des salaires et la meilleure rémunération du travail que du capital. Or les négociations dans les branches et les entreprises sont complètement bloquées aujourd’hui."
Christine Lagarde, ministre de l’Économie, avait pourtant cru bon d’affirmer,le 1er octobre,qu’à travers la défiscalisation des heures supplémentaires, c’était "la première fois depuis longtemps que l’État investissait dans le travail". Mais deux mois après la publication du décret, on ne trouve pas grand monde pour défendre l’efficacité économique de la mesure symbole de la campagne du président de la République. À en croire les économistes, les syndicalistes, et même les chefs d’entreprise, cet investissement de six milliards d’euros de la part de l’État risque de n’être pas très rentable. "Sur cette somme, souligne Michel Sapin, l’allègement de cotisations sociales pour les salariés représente un milliard. C’est pratiquement ce que les franchises médicales reprennent dans la poche des contribuables. Le gain de pouvoir d’achat est ainsi annulé."
Des salariés exclus
S’attacher aux seules heures supplémentaires est une mesure inégalitaire : beaucoup de salariés sont exclus du dispositif. "Il y a des salariés qui vont en bénéficier,notamment ceux qui sont déjà à 39 heures et qui vont avoir quatre heures défiscalisées, a constaté le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly. Mais cela va être très dur pour les salariés à temps partiel, ceux qui voudraient effectivement travailler plus." Bernard Van Craeynest, président de la CFE-CGC, soulève, au nom des cadres, "le problème de tous les salariés qui sont au forfait jour", et non pas au salaire horaire. Il considère que " cette loi va surtout bénéficier aux salariés en place, et à l’heure où la décrue du chômage est sérieusement ralentie, on peut craindre que cela ne serve pas beaucoup l’emploi".
La mesure peut s’avérer également néfaste pour les travailleurs intérimaires, que les chefs d’entreprise peuvent être incités à remplacer par un recours aux heures supplémentaires. Des experts du Conseil d’analyse économique ont aussi souligné le risque de "blanchiment de primes" : des augmentations de salaires déguisées en heures sup et ainsi financées en partie par l’État.
Des patrons pénalisés
Autre déconvenue, celle des patrons de PME, qui se retrouvent pénalisés. La CGPME (petites et moyennes entreprises) déplore le passage du taux de majoration des heures supplémentaires de 10 % à 25 % pour les entreprises de moins de 21 salariés : "Ce surcoût fait perdre aux petites entreprises l’avantage compétitif dont elles bénéficiaient jusqu’à présent." Un impact d’autant plus lourd pour l’activité économique que sur les 900 millions d’heures supplémentaires annuelles, les trois-quarts sont consommées par les sociétés de moins de 20 salariés. En outre, avec le faible taux de croissance, les employeurs, qui eux seuls décident des heures supplémentaires, ne sont pas prompts à en distribuer.
Alors, comment le gouvernement va-t-il tenter de sauver la face ? "Ils vont enfumer l’affaire, prévoit Michel Sapin. Depuis quelques jours déjà, on entend des spots à la radio qui vantent les mérites de ces heures supplémentaire et donnent évidemment la parole à des patrons qui en sont très contents. Mais la réalité sera autrement dure. Et la déconvenue des salariés risque d’être très grande."
Source : L'Hebdo des socialistes, n° 469, Samedi 8 décembre 2007. Article de Mona Buckmaster.
L'OSCAR DU SLOGAN MISOGYNE
Entre les annonces sur l’égalité professionnelle du lundi et celles sur le pouvoir d’achat du jeudi, la sollicitude pour les femmes n’aura pas duré 3 jours. Travailler plus ? Le gouvernement Sarkozy devrait le proposer aux 900 000 femmes en temps partiel contraint qui, par exemple dans le secteur des aides à la personne, ne parviennent pas à dépasser 15 heures par semaine. Elles ne demandent qu’à travailler davantage ! Mais ce ne sont pas elle qui décident !
Et quant à celles qui travaillent à temps plein et cumulent déjà une double journée, entre boulot, enfants et tâches domestiques, comment vont-elles trouver le temps de faire des heures supplémentaires ? Il leur reste encore la nuit et le dimanche. La droite propose de "libérer" le travail le dimanche. Ce sont principalement les métiers du commerce qui sont visés, ceux dans lesquels les femmes sont nombreuses. Elles apprécieront et les enfants aussi ! "Travailler plus pour gagner plus" mériterait bien d’être nominé aux oscars du slogan misogyne.
Laurence Rossignol, Secrétaire Nationale du Parti socialiste chargée des droits des femmes.
BANLIEUES : RIEN N'A CHANGE, PAR CLAUDE DILAIN
Le 25 novembre 2007, la banlieue est de nouveau réapparue dans les médias et le débat politique. Deux ans après les émeutes de l’automne 2005, rien n’a changé sur le fond. Certes, ces problèmes sont trop complexes pour être traités dans le temps d’un mandat politique. Drôle de République qui inclut dans le préambule de sa Constitution une exigence de cohésion sociale et qui territorialise sa misère et ses exclus.
Au silence insupportable succède maintenant l’idée que tout cela se résume à un problème de "voyoucratie". Oui, monsieur le président, ces territoires, comme les autres, abritent des délinquants et des trafiquants, même s’ils ne représentent qu’une infime minorité, et l’ensemble des habitants de ces quartiers n’attend qu’une chose,c’est que la République assure la sécurité. Mais les habitants de ces quartiers attendent également qu’on les respecte, qu’on les accepte, qu’on leur donne les conditions de prendre toute leur part dans la société. Et ce n’est pas avec 1 % des crédits de l’État qu’on lutte contre la paupérisation de ces territoires, qu’on stoppe la spirale de la ghettoïsation. Pour réussir ce combat contre la territorialisation de la misère, les efforts doivent être soutenus dans la durée,les moyens financiers et humains doivent être importants et la détermination sans faille. Sans cette volonté, la République risque de voir ces territoires basculer et peu à peu se séparer.Ils seront au-delà « de la bordure extérieure » et il deviendra alors de plus en plus difficile de franchir la frontière.
Si les socialistes veulent rester fidèles à leur idéal, ils doivent se mobiliser pour reconquérir ces territoires et faire que leurs habitants ne se considèrent pas comme des Francais entièrement à part mais des Français à part entière.
Source : L'Hebdo des socialistes, n° 469, Samedi 8 décembre 2007. Claude Dilain est Maire PS de Clichy-sous-Bois. Il est l'auteur de Chronique d'une proche banlieue, Stock, 2006.
DANS LES BANLIEUES, DEUX ANS APRES, RIEN N’A CHANGE
Les nuits d’émeutes, fin novembre, à Villiers-le-Bel (Val-d’Oise) viennent rappeler que les grandes promesses du gouvernement Villepin, faites deux ans auparavant, ont été oubliées en chemin par les responsables de l’exécutif. Quant à Nicolas Sarkozy, il se contente de proférer "la fin de la voyoucratie "… tout sauf le début d’une relation de confiance entre quartiers difficiles et gouvernement. Didier Vaillant, Maire PS de Villiers-le-Bel, donne son sentiment sur cette crise et la situation des banlieues.
Les nuits de violence que vous avez vécues le week-end du 25 novembre ne sont pas sans rappeler les émeutes de 2005. Peut-on faire un parallèle ?
Villiers-le-Bel n’avait pas été fortement touché par les émeutes de 2005. C’est une ville où le lien social et les solidarités sont très forts. Je ne pense pas qu’un parallèle puisse être établi avec 2005 dans le déroulement des événements. Les faits l’ont d’ailleurs montré. Cependant, c’est le même désespoir qui explose en violences. Il est fait de sentiments d’injustice, de perte de confiance dans l’avenir, de défiance à l’égard des institutions.
Peut-on dire que rien n’a changé depuis deux ans ?
Des mesures ont été prises, mais elles ne sont pas à la hauteur des enjeux. Les habitants des banlieues ont toujours le même sentiment d’abandon.
Le gouvernement de l’époque avait été très critiqué pour avoir supprimé de nombreuses aides aux associations de terrain. Qu’en est-il aujourd’hui ?
Il y a deux aspects au problème. Dans certains secteurs, les aides aux associations ont effectivement diminué. Mais surtout, dans trop de domaines, les associations pallient les carences des services publics, notamment en matière d’aide sociale, d’insertion professionnelle et de prévention. Or, il faut cesser de penser que ce sont des problèmes conjoncturels que les associations peuvent régler seules. La situation de nos banlieues justifie que l’État prenne ces questions à bras-le-corps et développe des actions structurelles de long terme.
L’élection de Nicolas Sarkozy à la tête de l’État a-t-elle exacerbé les tensions ?
Que le chef de l’État et la banlieue ne se comprennent pas, c’est une chose que chacun peut constater. Cela doit changer. On ne peut rester dans cette situation, car le principal défi de la banlieue pour la République est précisément de retrouver une confiance réciproque.
Le gouvernement actuel se met-il en situation de résoudre les problèmes des cités ? Les allées et venues de ces représentants à Villiers-le-Bel ces derniers jours ont-elles été productives ?
Que les représentants de la République viennent à Villiers-le-Bel dans les circonstances que nous avons connues me semble naturel. Je veux le prendre comme un signe d’attention. J’ai eu l’occasion, cette semaine, d’échanger avec plusieurs membres du gouvernement. Ils ont pu constater que les citoyens de Villiers-le-Bel sont conscients d’avoir les mêmes devoirs vis-à-vis de la République que partout ailleurs en France. Je veux croire que le gouvernement est également conscient que la République a aussi des devoirs vis-à-vis des habitants des banlieues.
Source : L'Hebdo des socialistes, n° 469, Samedi 8 décembre 2007. Propos recueillis par Damien Ranger.
