13 janvier 2008

UN TEMPS D'AVANCE : LE PROJET 2008-2014

PS_RG_BERTRAND_DELANOE_PROJETIl y a bientôt sept ans, en nous accordant votre confiance, vous nous avez confié la plus belle et la plus exigeante des responsabilités. Depuis, nous n’avons eu d’autre ambition que de tenter de l’honorer, en y répondant par les actes. Sept années de travail acharné, d’efforts, de bonheurs souvent, de déceptions, d’erreurs parfois, toujours éclairés par un sentiment qui ne nous a jamais quittés : l’amour de Paris. Aujourd’hui, après avoir servi notre cité de toute notre énergie, après avoir réinjecté dans ses rouages complexes les moyens qui lui faisaient défaut et qui la voyaient peu à peu s’assoupir, nous voulons lui donner un temps d’avance. Les années qui viennent de s’écouler nous ont d’abord offert l’occasion de restaurer la pratique démocratique à Paris, détournée de son objet avant 2001, par des comportements qui avaient légitimement choqué nos concitoyens et qui provoquent encore l’embarras des héritiers directs de cette époque.

C’est un nouveau rapport à la vie publique qui s’est instauré, fondé sur une attention permanente au cours des événements et sur la volonté indispensable d’écouter les attentes, les aspirations, les impatiences, les indignations, les inquiétudes et les espérances. Je crois, avec humilité mais satisfaction aussi, qu’ensemble nous avons retrouvé une certaine fierté d’être Parisiens.

Nous avons entrepris de faire de Paris une ville plus proche, plus accessible, plus humaine. Le projet que nous vous présentons aujourd’hui s’appuie sur le socle de l’expérience acquise mais aussi sur ce que ne manque jamais de nous transmettre le peuple de Paris. Car cette année encore, comme à chaque automne depuis le début de mon mandat, je suis allé à la rencontre des citoyens, dans les vingt arrondissements. Mais cette fois, s’il s’agissait évidemment de leur rendre des comptes, l’objet était surtout de les entendre afin d’enrichir notre réflexion et notre projet.

Le voici donc, ce contrat démocratique.

Parce que vous y avez contribué, je veux vous dire ma reconnaissance, quelles que soient par ailleurs vos convictions ou la couleur du bulletin que vous glisserez dans l’urne.

Ce projet, j’en prends l’engagement, ne se réalisera pas sans votre vigilance, votre énergie, votre volonté de conduire Paris au-delà même de ce que vous inspire cette ville, tellement plus grande que chacun d’entre nous et sur laquelle, pour reprendre l’expression de Victor Hugo, "le genre humain a des droits".

Entre ce que nous avons fait et ce que nous allons faire ensemble, il n’y aura pas de "rupture", même si le vocable est dans l’air du temps. Je suis le Maire de Paris, et j’assume intégralement le bilan de la majorité municipale. Je n’ai pas pour principe de me dérober. Ce bilan se traduit en particulier par une promesse fiscale audacieuse, mais que nous avons tenue : ne pas augmenter les impôts locaux pendant toute la durée de cette mandature. Pour le contribuable parisien, c’est sans précédent. Systématiquement, en effet, les équipes en responsabilité avant 2001, avaient procédé à la hausse des taux de la fiscalité locale. Il fallait donc stopper cette tendance, tout en relançant l’investissement, avec volontarisme. C’est ce que nous avons fait. Dans le même souci de transparence et d’efficacité, nous proposerons, après cette pause fiscale de sept ans, une réévaluation très modérée et sur une période strictement limitée aux deux premières années de la mandature. Cet effort maîtrisé nous permettra d’aller plus loin encore.

Et pourtant, le chemin parcouru est déjà considérable.

Car en 2001, notre tâche consistait à bousculer les habitudes bien établies d’un pouvoir conservateur, souvent au mépris de l’intérêt général.

Il fallait redonner du tonus à la Société parisienne, refuser la logique des autoroutes urbaines, transformer des lieux de passage en lieu de vie, concevoir une ville harmonieuse, ouverte à tous les âges de la vie, respectueuse de chaque profil, de chaque parcours, de chaque apport.

Oui, en 2001, j’avais trouvé plusieurs Paris, qui se croisaient sans se voir, sans se connaître, sans se comprendre.

Il fallait donc créer une dynamique collective à laquelle chacun puisse adhérer, se nourrir de cette diversité qui est une force, pour restaurer cette conscience stimulante d’appartenir à la même ville.

Le projet que nous vous soumettons aujourd’hui s’inscrit donc dans la cohérence de la durée. Mais il marque une nouvelle étape, l’entrée dans une autre phase.

Paris avait accumulé les retards et si le monde l’observait, c’était essentiellement pour la beauté de son héritage. Paris a reconquis ses forces. Et si elle suscite encore et toujours l’intérêt et l’admiration, nous voulons que ce soit aussi pour son rôle dans la civilisation urbaine en devenir, maintenant, pour sa pro-pension à porter un nouveau message, à illustrer une culture citadine qui séduise et qui inspire.

C’est le sens de ce projet, de cette ambition, de ce "temps d’avance" que je vous propose. Je veux que chaque Parisien ait un rôle dans sa ville, et Paris un rôle dans le monde.

Ce document s’articule autour de priorités identifiées, d’engagements précis, et d’ambitions cohérentes. Car emprunter le chemin du futur implique d’avoir les idées claires.

L’innovation, vous le verrez, est au cœur d’une démarche à laquelle nous consacrerons les moyens nécessaires. Mais nous ne laisserons aucun Parisien sur le bord du chemin. Nous n’abandonnerons personne à la solitude, à la maladie, au handicap, ou tout simplement à la détresse. Et disant cela, je ne raisonne pas exclusivement en terme "d’assistance" : car s’il faut bien entendu soutenir, aider, accompagner, nous voulons aussi faire vivre une authentique mixité sociale, préserver les quartiers populaires en les rénovant, et garantir aux familles modestes leur droit à rester à Paris et à exercer leur influence.

Car, ensemble, nous allons aussi affirmer notre place dans la compétition mondiale des métropoles. Je suis un maire progressiste, attaché à des valeurs qui m’ont toujours guidé. Mais je conçois également mon rôle comme celui d’un manager, et je le revendique. La capitale de la France n’est certes pas une entreprise. Mais elle aime ses entreprises, ses universités, ses laboratoires de recherche, tous ces atouts qui sont autant de "passeports" vers un futur à conquérir.

Ce futur, nous le savons, dépendra aussi de notre aptitude à prendre conscience des menaces qui pèsent sur la planète, quand se conjuguent dérèglements climatiques et effet de serre. Agir, chacun, tout de suite, c’est le défi qui nous est lancé, l’impérieuse urgence environnementale qui pèse sur tous les acteurs du temps présent. Paris sera au rendez-vous.

Déjà, dans le concert des villes, notre cité apparaît comme porteuse d’une ambition identifiée. N’est-elle pas, sur la scène internationale, la première collectivité avec laquelle la Fondation Clinton a choisi d’engager un partenariat inédit ?

Notre projet reflète et amplifie une telle volonté: c’est un projet durable, écologique et solidaire, c’est-à-dire respectueux de notre environnement mais aussi des générations à venir, à l’égard desquelles nous avons des devoirs.

Une telle démarche s’inscrit dans chacune des politiques publiques que nous mettrons en œuvre: c’est notamment l’objet du vaste Plan Climat que nous appliquerons: qu’il s’agisse du bâti ou de la circulation, de l’aménagement urbain ou du recours aux énergies renouvelables, toute la vie de Paris, ses rythmes, son organisation, les rapports qui s’y nouent, doivent se concevoir à l’aune de cette "nouvelle donne" essentielle.

L’avenir nous conduira aussi, sans doute, à raisonner à une autre échelle, celle de l’agglomération, qui a retrouvé – et nous y avons pris une part décisive – le sens du dialogue et du partenariat. Nous sommes favorables à la création d’une institution nouvelle, ce "Paris Métropole" qui peut dessiner des perspectives puissantes pour chacun de ses habitants, en unissant nos forces, en faisant vivre une vraie solidarité territoriale et économique, en mettant en cohérence nos pro-jets et nos actions.

Ville pour tous les âges, toutes les énergies, toutes les ambitions, ville où la jeunesse part à l’assaut de la vie et de ses promesses: tel est ce Paris que nous voulons servir, fidèle au rêve que son histoire millénaire inspire aux amoureux de la liberté.

L’enjeu de l’élection de 2008 est simple: voulons-nous aller de l’avant, sur le chemin du progrès, de la créativité, et de l’innovation que nous avons tracé ensemble ? Ou voulons-nous rendre les clefs de notre ville à celles et à ceux qui, pendant vingt-quatre ans, l’ont tenue pour leur propriété ?

La campagne qui s’ouvre doit nous offrir l’occasion d’un débat serein, honnête, respectueux des personnes, des idées, et surtout de la vérité. Paris le mérite. Peut-être, en jetant un regard sur ce que nous avons fait, prendrez-vous la mesure de ce que nous nous engageons à faire, encore.

Pour vous, pour chaque habitant, pour la suite qu’il nous revient d’écrire ensemble.

Pour Paris.

PS_RG_SIGNATURE_DELANOE

Bertrand Delanoë

Source : Site internet de campagne de Bertrand Delanoë

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