19 avril 2008

MARC LAZAR : "LE PAYSAGE POLITIQUE ITALIEN EST TOUT A FAIT NOUVEAU"

Le parti du peuple de la Liberté de Silvio Berlusconi a très largement remporté les élections législatives anticipées des 13 et 14 avril, avec 37 % des voix, contre 33 %au Parti démocratique (PD) deWalter Veltroni.Malgré la défaite de la gauche, le vote des électeurs a permis de clarifier le paysage politique italien, selon Marc Lazar, politologue et professeur à l’IEP de Paris.

Cette nette victoire de Berlusconi est-elle un désaveu pour le Parti démocratique italien ?

C’est une défaite incontestable de Walter Veltroni et du Parti démocratique. Ces élections arrivaient trop vite pour lui. Le parti était à peine créé.Cela dit, il progresse en moyenne de deux points par rapport aux résultats de 2006. Et il dirige désormais le principal groupe parlementaire d’opposition dans un Parlement clarifié. C’est un élément fondamental du scrutin, un fait historique. Il n’y a quasiment plus que deux groupes parlementaires. Le paysage politique italien est tout à fait nouveau.

Comment expliquer cette victoire de Berlusconi, alors que, vu de France, il apparaissait comme un homme discrédité ?

En 2006, iln’a perdu les élections que de 25000 voix. Si on ajoute les électeurs déçus de Romano Prodi, on trouve les principaux ingrédients du retour à la tête de l’État de Berlusconi. Depuis 1994, les Italiens sanctionnent tous leurs gouvernements sortants. Et Berlusconi réussit à rassembler des électeurs très différents, des petits entrepreneurs du Nord du pays à sa base classique composée de personnes peu instruites, de personnes âgées, de catholiques pratiquants, parfois très apeurés par lamodernisation de l’Italie, l’Europe, la globalisation et l’immigration. De plus, il s’est donné une autre posture pendant la campagne. Celle d’un homme plus conciliant, opposée à son habituelle attitude agressive et démagogique. Il n’a pas fait de promesses mirifiques.

Quelle opposition veut incarner le Parti démocratique au Parlement ?

Une opposition constructive, notamment sur des questions qui paraissent clé au parti, comme la réforme électorale. Le nouveau bipartisme issu des élections devrait changer un peu le rapport de force. La majorité et le gouvernement vont affronter le Parti démocratique au Parlement, mais ils semblent souhaiter de nouvelles modalités de discussion et de négociation. Le Parti démocratique a trouvé son leader en la personne de Veltroni. C’est un point positif. Il lui reste à construire un véritable programme, une identité et des rapports plus clairs avec la société.

Source : L'Hebdo des socialistes, n°485, Samedi 19 avril 2008. Propos recueillis par Fany Costes.

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