30 mai 2008

LA GAUCHE DU PS RENVOIE DOS A DOS ROYAL ET DELANOE

La "gauche du PS", incarnée notamment par le député des Landes Henri Emmanuelli et le député européen Benoît Hamon, prépare sa contribution au congrès socialiste de novembre. Avec deux objectifs : constater "l'échec du libéralisme" et renvoyer dos à dos Ségolène Royal et Bertrand Delanoë, qui, à l'initiative du maire de Paris, bataillent depuis quelques jours sur les bienfaits du "libéralisme politique". Une polémique "ringarde", selon Benoît Hamon, "surréaliste", aux yeux d'Henri Emmanuelli, "au moment où le libéralisme économique et les marchés sont dans une totale incertitude sur l'avenir". 

Les deux principaux leaders du Nouveau Parti socialiste (NPS) ont évoqué, mardi 27 mai, devant la presse, l'"état d'esprit" dans lequel ils abordent le congrès et présenté leur nouveau site, baptisé "Reconquêtes" (http://reconquetes.eu). Etaient aussi présents l'ancien président du Mouvement des jeunes socialistes (MJS), Razzye Hammadi, nommé à l'automne par François Hollande, secrétaire national "à la riposte", et Bruno Julliard, ex-président de l'UNEF, élu au conseil de Paris lors des dernières municipales et adjoint de Bertrand Delanoë chargé de la jeunesse.

Benoît Hamon a dénoncé "l'improvisation intellectuelle et programmatique d'une partie de la gauche, qui se montre incapable d'anticiper et de répondre aux évolutions du monde". La triple crise "financière, alimentaire et énergétique" marque, selon lui, "un renversement de cycles".

Dans un contexte de "pessimisme dominant", notamment sur le plan économique, le rôle de la gauche, a ajouté Henri Emmanuelli, est "de renouer avec la prospective, l'étude et l'action publique". Le député des Landes a "le sentiment que Bertrand Delanoë se fourvoie" et il veut proposer au congrès une ligne politique distincte de celle "que se partagent Bertrand Delanoë et Ségolène Royal".

"Classes populaires"

Dans le préambule de son projet de contribution, NPS estime que les socialistes doivent "dépasser le modèle exclusif du libre-échange sans précaution", "redonner du sens au clivage gauche-droite" et "renouer avec les classes populaires".

"Le monde a changé, souligne le texte. L'avenir de la gauche française ne peut pas consister à mimer le "New labour" ou le SPD des années 1990 ; l'avenir du PS ne peut pas être le passé de la social-démocratie européenne."

MM. Emmanuelli et Hamon assurent qu'ils abordent le congrès "de manière ouverte" et qu'ils n'ont pas l'ambition d'incarner, à eux seuls, "l'autre ligne". Ils restent néanmoins sourds aux appels de Jean-Luc Mélenchon qui les a "adjurés", lundi 26 mai, dans un communiqué, "d'entendre (ses) appels au rassemblement de la gauche du parti".

"Que le souvenir de la division des partisans du non et de la synthèse trompeuse du congrès du Mans nous serve de leçon, écrit le sénateur de l'Essonne. Elles nous ont condamnés à l'échec à l'investiture aux présidentielles."

MM. Emmanuelli et Hamon préfèrent regarder du côté des "Reconstructeurs", qui regroupent des proches de Laurent Fabius et de Dominique Strauss-Kahn, soudés par leur rejet d'un duel Delanoë-Royal. "Une initiative positive", jugent-ils.

Source : Le Monde en date du vendredi 30 mai 2008. Article de Christine Garin. Titre original : "La gauche du PS renvoie dos à dos Mme Royal et M. Delanoë".

Posté par AMBROISE_NPS à 10:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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