UN MONDE D'AVANCE- SECTION LEON BLUM

BLOG DU NPS - UN MONDE D'AVANCE - SECTION LEON BLUM PARIS 11E

03 septembre 2008

DEBAT AVEC BENOIT HAMON : LES ENJEUX DU CONGRES DE REIMS

Après cette période estivale – que nous espérons avoir été plaisante pour toi et tes proches – et avant d’entrer dans la seconde phase du congrès de Reims, celle des motions qui débutera le 23 septembre prochain, nous te convions à une nouvelle présentation de la contribution générale Reconquêtes et à un débat sur les enjeux de ce congrès.


Avec

Benoît Hamon

Député européen

Premier signataire de la contribution générale Reconquêtes


Jeudi 11 septembre 2008

à

20h00

Local de section du 12ème arrondissement de Paris

150 avenue Daumesnil - 75012 Paris

Ligne 8 - Station Daumesnil

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31 août 2008

LISEZ LE RESUME DE LA CONTRIBUTION RECONQUETES

La France attend un message d’espoir. Aujourd’hui, la pensée dominante libérale présente les régressions sociales comme des réformes et les justifie par un discours sur le prétendu déclin français. Elle provoque la résignation et le désenchantement des citoyens. En effet, le modèle néo-libéral, fondé sur le dogme du libre-échange et imposé par la droite, se révèle incapable de résoudre les crises majeures (financière, alimentaire, énergétique, écologique) qui bouleversent le monde et marquent l’entrée dans le 2e âge de la globalisation. Il échoue autant à répondre à la demande sociale des sociétés occidentales qu’aux nécessités de développement au niveau mondial. Alors que la droite démantèle la puissance publique, les socialistes doivent au contraire proposer un État régulateur et innovateur comme réponse à l’urgence sociale, économique et écologique.

Pour cela, la gauche européenne doit se rénover et tenir compte de ses 13 défaites lors des 15 derniers scrutins nationaux. L’orientation social-libérale des années 1990, impulsée par Blair et Schröder, aboutit à une impasse : elle a détourné le vote ouvrier et populaire, réduit le poids total de la gauche, pour finalement l’éloigner durablement des responsabilités. Cet échec est significatif : l’avenir du PS ne peut pas être le passé de la social-démocratie européenne.


Téléchargez et lisez le RESUME de la contribution Reconquêtes


Signez la contribution générale Reconquêtes sur reconquêtes.eu

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02 juillet 2008

LISEZ ET SIGNEZ LA CONTRIBUTION RECONQUETES

La France attend un message d’espoir. Elle aspire à d’autres perspectives que celles diffusées par une pensée dominante avide de fatalisme et de résignation.

Le discours sur un prétendu déclin de la société française, justifiant toutes les régressions sociales, est devenu la norme. Le clivage entre le conservatisme et le progrès est escamoté derrière des politiques, des mesures profondément réactionnaires que l’on appelle, par antiphrase, "réformes". Le libéralisme économique atteint de nouvelles limites tout en maintenant son hégémonie. Dans cette situation il appartient aux socialistes de rompre avec ces orientations, de préparer l’avenir en réconciliant le pays avec le progrès.Seule une gauche résolue et déterminée peut remettre la justice sociale au coeur de l’action politique, dépasser le modèle exclusif du libre-échange sans précaution et redonner du sens au clivage gauche/droite. Forger les idées et les outils de ces reconquêtes tel est bien l’enjeu du prochain Congrès du Parti socialiste...et ce que propose la contribution générale déposée par Henri Emmanuelli et Benoît Hamon.

Téléchargez

la

CONTRIBUTION


Signez

la

contribution

sur

reconquêtes.eu

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29 juin 2008

BENOIT HAMON ET HENRI EMMANUELLI APPELLENT AU RASSEMBLEMENT DE LA GAUCHE POUR LA "RECONQUETE"

Benoit Hamon et Henri Emmanuelli ont appelé, samedi à la Sorbonne, au "rassemblement" de la gauche pour mener d'ici à 2012 "le combat" contre "tout le travail de casse du modèle social et des libertés mis en oeuvre par la droite" et pour "la reconquête du pouvoir".

Dans un amphithéâtre comble, les deux chefs de file du Nouveau parti socialiste (NPS) ont présenté leur contribution au prochain Congrès du PS pour "reprendre le terrain abandonné à la droite, et revenir sur le cycle le plus important, depuis longtemps, de régression sociale et démocratique", selon Benoît Hamon.

Citant la réduction du temps de travail, les retraites, le droit de grève, la rétention de sûreté, la "mise au pas des médias" et le retour dans le commandement intégré de l'OTAN "sans débat parlementaire", le jeune eurodéputé a fustigé la politique de Nicolas Sarkozy.

"Il est temps que nous replacions notre combat à l'échelle de la reconquête des esprits, des coeurs, et sans doute des consciences des Français", a-t-il lancé.

Et d'avertir qu'au Congrès de Reims, le NPS n'entend pas "se contenter de témoigner, de figurer" mais veut "bien au contraire essayer de s'inscrire dans une démarche de reconquête du pouvoir".

"L'objectif n'est pas d'être à l'aile gauche du parti socialiste, l'objectif c'est que le parti socialiste reste un parti de gauche", a déclaré M. Emmanuelli lors de cette réunion publique à laquelle participaient Laurent Fabius, Marylise Lebranchu et le politologue Emmanuel Todd.

"Il faut dès ce Congrès changer de majorité, pour pouvoir construire l'alternative à cette ligne qui nous a fait échouer", a ajouté M. Hamon, car c'est à Reims "que se joueront les conditions du retour de la gauche au pouvoir".

Appelant à un "changement de stratégie" pour le parti, le député européen a insisté sur l'objectif de "retrouver le vote des classes populaires qui se sont détournées des socialistes provoquant 13 défaites en 15 élections nationales depuis juin 2006 en Europe et trois défaites successives aux élections présidentielles" en France.

Le leader du Nouveau parti socialiste (NPS) a égratigné au passage Ségolène Royal, qui avait présenté sa contribution dans la matinée à la Maison de la Chimie, et à Olivier Besancenot.

"Un premier message à Ségolène qui a donné à sa réunion le titre de +premier meeting de l'opposition+, nous sommes contents, chère Ségolène, que les vacances soient terminées", a-t-il ironisé.

"A Olivier, qui créé son nouveau parti (anticapitaliste, NPA), je voudrais dire: nous n'avons aucun adversaire à gauche", a ajouté Benoît Hamon.

Soulignant à la tribune un peu plus tôt qu'il n'était pas candidat au poste de premier secrétaire, il a expliqué à l'AFP: "Etre candidat aujourd'hui ça n'a aucun sens. On se rassemble pour un PS de gauche, ni gauche molle, ni gauche radicale, une gauche tranquille, décomplexée".

Source : AFP, Samedi 28 juin 2008, 20h27.

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20 juin 2008

FORUM NATIONAL DE RECONQUETES - PARIS - SAMEDI 28 JUIN 2008

Chère, Cher camarade,

Les mois à venir vont être pour notre parti l’occasion de définir une offre politique qui combine la capacité à ramener la gauche au pouvoir en 2012 avec celle de répondre aux désordres du monde.

Pouvons nous lever cette espérance en restant fidèle à nos valeurs et crédibles dans nos promesses? Oui à condition d’anticiper l’avenir avec les clés de notre temps.

Nous vivons un renversement de cycle. Les crises alimentaires, énergétiques, climatiques et financières mondiales appellent partout davantage de régulation, d’intervention publique et de maîtrise des échanges.Simultanément la sociale démocratie européenne connaît une série de défaites inédite (13 échecs en 15 élections nationales depuis juin 2006).

Nous n'acceptons pas que le passé de la social-démocratie constitue l'avenir du parti socialiste français.

Nos concitoyens, les militants du parti, attendent un message d’espoir face aux atteintes portées par la droite au pacte républicain et au contrat social. Il nous appartient d’ouvrir une voie dans le désenchantement imposé par cette pensée dominante qui souhaite nous voir résignés à la fin du progrès et contraints au temps des sacrifices. C’est parce que nous savons le monde complexe et l’avenir incertain que nous n’avons pas le droit de réduire notre congrès au choc des ambitions personnelles dont on ne distingue pas les différences politiques majeures.

Antonio Gramsci définissait la "crise" comme le moment où « le vieux est mort et le neuf hésite à naître». Cependant le sens du "neuf" n'est pas déterminé. Si nous ne savons plus rassembler les classes populaires et moyennes, celles qui vivent en ville comme en milieu rural et réunir les générations autour d’un projet collectif l'avenir de la gauche est incertain. "Reconquêtes", veut participer à cela.

Notre démarche est ouverte. Elle ambitionne de dépasser les frontières de camps préexistants. Elle n’est précédée d’aucun préalable. Elle aspire à forger les outils des Reconquêtes sociales, politiques et intellectuelles qui permettront à la gauche de lever un nouvel espoir.

C’est ce qui nous amène aujourd’hui à te convier aux diverses présentations "Reconquêtes", afin de débattre avec toi de notre démarche et de son contenu. Tu peux également appuyer notre démarche en rejoignant la liste de signataires.

Enfin nous souhaitons pouvoir compter sur ta présence lors du rassemblement national de "Reconquêtes" à Paris le 28 juin prochain.

Amitiés socialistes,

Henri Emmanuelli et Benoît Hamon


Forum national de Reconquêtes

Présentation de la contribution générale

Henri Emmanuelli et Benoît Hamon

Samedi 28 juin 2008

10h00-17h00

Université Panthéon-Sorbonne

Amphithéâtre Richelieu

17 rue de la Sorbonne

75005 Paris


Invitation

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L'EUROPE APRES LE NON IRLANDAIS, PAR HUBERT VEDRINE

Le droit international est formel : un traité européen, qui est un traité international, ne peut être ratifié qu'à l'unanimité des Etats membres, sauf si tous les Etats membres ont décidé antérieurement, à l'unanimité, que ce traité pourrait être ratifié à la majorité, ce qui n'est pas le cas pour le traité de Lisbonne, pas plus que pour les traités européens antérieurs.

Toutes les lamentations ne changeront rien à cette réalité. Inutile donc de déplorer que 4 millions d'Irlandais - 800 000 électeurs - puissent "bloquer" 450 millions d'Européens. Tout le monde sait que s'il y avait eu des référendums partout, le non l'aurait emporté dans plusieurs pays. Le désaccord entre les élites et la population est désormais flagrant. Cet épisode est le énième soubresaut, après ceux de 2005, de la fuite en avant intégrationniste et européiste d'après Nice.

La poursuite de la ratification par les huit autres est bien sûr possible mais ne change pas cette réalité. Une renégociation à vingt-sept est inenvisageable, et aboutirait de toute façon aux mêmes résultats. La renégociation d'un traité de Lisbonne à vingt-six apparaîtrait comme une manipulation de la démocratie, alors que la démocratie représentative est déjà attaquée. Elle n'aura pas lieu. Les élites européennes ne peuvent pas prêcher l'état de droit dans le monde et s'en affranchir chez eux. Le "noyau dur" sera à nouveau évoqué ici et là mais ne se concrétisera pas.

Quels pays en feraient partie ? Pour faire quoi ? En passant outre aux oppositions des exclus de ce noyau dur ? En faisant ratifier comment cette création ? Cela ne se fera pas. Seule hypothèse : des améliorations limitées, point par point et sans emphase, des traités existants, par exemple, sur la présidence durable, à condition qu'elles soient ratifiables partout par la voie parlementaire. Seule solution, donc : que les Irlandais revotent un jour, si leurs dirigeants et les autres dirigeants européens estiment possible de prendre ce risque. Dans ce cas-là, et si les Irlandais votent oui, l'Union passera, avec retard, du traité de Nice à celui de Lisbonne. Sinon, elle continuera à fonctionner dans le cadre de Nice. Il est temps d'admettre que l'intégration politique globale (au sens fédéraliste) de l'Union à vingt-sept n'ira pas plus loin que Nice (ou Lisbonne, si les Irlandais revotent, et votent oui).

Et pourtant, l'Union a besoin d'agir et de lancer de nouvelles politiques. Comment ? Il faudra distinguer clairement intégration (les peuples se fondent et s'en remettent à l'Europe) et construction (les peuples mettent en commun leur volonté d'agir ensemble). L'intégration a été longtemps présentée comme la seule voie légitime, mais ce n'est plus une voie d'avenir : dès que les peuples en ont l'occasion, ils votent contre. En revanche, il n'y a pas d'opposition aux politiques communes et aux projets. Est-ce tragique ?

Depuis une dizaine d'années, on a exagéré le rôle et la portée des traités et des institutions, comme si tout en dépendait de façon magique. On a créé des attentes énormes qui se sont muées en inquiétude. Le paroxysme a été atteint avec le projet de Constitution. Il faut changer de méthode. La non-ratification, à ce stade, du traité de Lisbonne, est regrettable. Mais elle ne doit pas être une excuse pour ne plus rien faire, au contraire. Après tout, quel traité était en vigueur quand a été conçu le traité de Rome ? Aucun. Et est-ce grâce à des traités que Valéry Giscard d'Estaing et Helmut Schmidt, François Mitterrand, Jacques Delors et Helmut Kohl ont fait ce qu'ils ont fait ? Non, par volonté politique, la présidence française devait de toute façon se dérouler - avec ses avancées annoncées - sous l'empire du traité de Nice.

Ce ne sont pas les insuffisances des traités qui empêchent l'adoption d'une politique commune de l'énergie, mais les désaccords de fond sur la Russie, le nucléaire, la séparation entre production et distribution. En matière internationale (que faire au Proche-Orient ? sur l'Iran ? la Chine ? etc.), de toute façon, les décisions restaient à l'unanimité. Sur l'écologie, la recherche, l'Europe de la défense aussi, cela dépend d'abord de la volonté des gouvernements. Je ne pense pas qu'il faille réagir au non irlandais par des bricolages institutionnels. Ni par une fuite en avant dans "l'Europe politique", "sociale" ou "des citoyens" mal définie. En tout cas, pas dans la situation actuelle. Cela réveillerait attentes impossibles à satisfaire, illusions bientôt perdues, désaccords de procédure et de fond et créerait plus de problèmes que cela n'en réglerait en mélangeant encore plus ce qui relève des Etats membres et ce qui relève du niveau européen. La confusion serait totale.

Ce qu'il faut, c'est l'affirmation d'une forte volonté commune des Vingt-Sept autour d'une priorité : défendre les intérêts des Européens dans la mondialisation en faisant de l'UE un pôle régulateur de la mondialisation sauvage. Ce qui peut se décliner : politique commune de l'énergie, de l'environnement et de la recherche, propositions de régulation financière et de réforme des institutions internationales (nouvelles positions dans l'Organisation mondiale du commerce, le Fonds monétaire internationnal, l'Organisation pour la coopération et le développement économiques, etc.), stratégie à long terme vis-à-vis des pays émergents, etc. Cela doit être expliqué et se voir. Le moment est opportun : il y a partout, même aux Etats-Unis, une acceptation nouvelle, voire un désir nouveau, de règles. Tout cela peut et doit être entrepris sans attendre un meilleur traité.

Source : Le Monde en date du vendredi 20 juin 2008. Hubert Védrine est ancien ministre des Affaires étrangères.

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18 juin 2008

FORUM LOCAL DU NPS-RECONQUETES AVEC GUILLAUME BALAS

Aux adhérents de la Section Léon Blum

Chère, Cher Camarade,

Comme tu le sais, la période du Congrès de notre parti est désormais ouverte. Le 1er juillet prochain, l'ensemble des militants du PS pourra déposer auprès des instances nationales une ou plusieurs contributions au débat. Ces contributions pourront être thématiques - qui traitent un sujet précis - ou générales - qui traitent une vision d'ensemble de la société.

Les déclarations de nos dirigeants nationaux se multiplient ces derniers jours  sans toujours clarifier le projet politique des uns et des autres. Afin que ce congrès soit utile à l'ensemble du PS,  il nous semble important d'impliquer très largement les militants à ces débats.

Le temps des contributions doit être, en effet, un temps de confrontation d'idées et d'enrichissements des positions des uns et des autres. Afin de libérer le débat, les adhérents ne sont pas amenés à voter sur les contributions. Ce temps viendra, ce sera celui des motions, à la rentrée prochaine.

Parmi les différentes contributions générales qui seront soumises à leur réflexion, « Reconquêtes » est celle dont l'orientation politique correspond le mieux à nos aspirations pour l'avenir de la gauche en général et pour le Parti socialiste en particulier.

Comme nous, de nombreux autres camarades de notre section ont d’ores et déjà pris la décision de soutenir la démarche de Reconquêtes en apportant leur signature à l’appel lancé, le mercredi 29 mai dernier, par Benoît Hamon et Henri Emmanuelli.

Afin que tu puisses te forger ta propre conviction sur ce qui doit être l'orientation politique du Parti socialiste, alors qu'une nouvelle période s'ouvre au niveau national et international, nous te convions à venir participer au débat public que nous organisons pour te présenter et discuter avec toi des grands axes de la contribution déposée par le Nouveau Parti Socialiste :

Forum local de Reconquêtes

Débat public autour de la contribution générale

avec

Guillaume Balas

Conseiller régional d’Ile-de-France

Animateur fédéral de Reconquêtes

Jeudi 19 juin 2008

20h00

Espace Timbaud

70 bis rue Jean-Pierre Timbaud

75011 Paris

M Parmentier ou Goncourt


INVITATION

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17 juin 2008

TRAVAILLER TOUS ET MIEUX, PAR DOMINIQUE MEDA ET PIERRE-ALAIN MUET

La droite a donc décidé de porter l'estocade finale et de mettre enfin en oeuvre ce qu'elle souhaitait depuis si longtemps : en finir avec les 35 heures. Tout au long de la campagne du candidat Sarkozy, puis de la première année de gouvernement, cette antienne a été à la fois son obsession et le bouc émissaire de ses échecs économiques. Il est temps, sur ces questions, que la gauche sorte de ses atermoiements et affirme clairement sa position.

Répétons d'abord avec force que la réduction du temps de travail n'a en aucune manière été la catastrophe que l'on se plaît à nous décrire. Certes, il y a des secteurs où la flexibilité ou l'intensification du travail ont été excessives, certes, la réforme a été un échec à l'hôpital, certes, des entreprises ont été confrontées à des rigidités. Mais reconnaissons que les lois Aubry ont créé près de 350 000 emplois, que les entreprises ont gagné en souplesse, que les salariés ont gagné en qualité de vie, que la dynamique de négociation a été sans précédent et que l'on n'a en aucune manière observé une perte du sens de l'effort et du travail chez nos concitoyens.

Bien au contraire, pendant toute cette période (de 1997 à 2002), la croissance française a été très supérieure à la croissance européenne, la compétitivité s'est constamment améliorée et 2 millions d'emplois ont été créés (un record pour une économie qui, en un siècle, de 1896 à 1997, n'avait créé que 3 millions d'emplois). C'est aussi la seule période depuis vingt-cinq ans où notre pays a réduit fortement ses déficits, diminué sa dette et engrangé des excédents extérieurs record. Dans tous ces domaines, c'est l'inverse qui s'est produit depuis 2002 : la France accumule la dette et les déficits extérieurs et publics, crée peu d'emplois et est à la traîne de la croissance européenne.

Il faut enfin faire un sort à cette idée ridicule qu'augmenter la durée du travail serait la seule manière pour la France de retrouver son rang. D'abord, parce que contrairement à tout ce que l'on nous assène, les salariés français travaillent plus en moyenne par semaine (36,5 heures) que les Allemands (34,6 heures), dont la santé commerciale est florissante, que les Scandinaves (34,5 heures au Danemark, 35,6 heures en Suède et 33,2 heures en Norvège), qui affichent les meilleures performances économiques et sociales du monde, que les Néerlandais (29,5 heures) et même que les Américains (33,9 heures).

Ensuite parce que ce qui caractérise le développement économique depuis la révolution industrielle, c'est la relation étroite entre la réduction du temps de travail et les gains de productivité. Dans tous les pays industrialisés, on travaille deux fois moins longtemps et on produit vingt fois plus en une heure de travail qu'il y a cent trente ans. Cela se retrouve dans la dispersion des durées hebdomadaires du travail en Europe : c'est dans les pays les plus développés que la durée hebdomadaire du travail est la plus faible et dans les moins développés qu'elle est la plus longue (plus de 40 heures dans l'est de l'Europe et plus de 50 heures en Turquie).

Discours du père fouettard

En privilégiant les heures supplémentaires des salariés à temps complet, le gouvernement tourne le dos à ceux qui ont réellement besoin de travailler plus pour gagner plus : les chômeurs, les allocataires de minima sociaux qui n'accèdent pas à un accompagnement vers l'emploi, les salariés travaillant sur des temps partiels courts et mal rémunérés, qui voudraient bien travailler plus (1,2 million de personnes) mais ne décident pas de leur temps de travail. Notre économie pâtit du faible taux d'emploi des seniors et d'un taux d'emploi des femmes beaucoup moins élevé que celui des pays nordiques, tout particulièrement lorsqu'elles ont de jeunes enfants (vingt points de moins que les taux masculins dans cette catégorie !). Voilà où se trouvent les heures de travail perdues, voilà ceux à qui nous devons redonner de l'emploi, voilà ceux dont le retour en activité nous permettra de parler à nouveau, comme d'un objectif profondément désirable, du plein-emploi.

Sortons enfin du discours moralisateur et de Père Fouettard que la droite se plaît à nous tenir : les Français, ensorcelés par les 35 heures, auraient collectivement choisi le loisir contre le travail. Il n'en est évidemment rien. C'est méconnaître une part immense des activités humaines, tant en temps qu'en charge affective, que l'on peut appeler - au choix - domestiques, parentales ou familiales et qui incombent encore souvent aux femmes dans notre pays. Mal réparties, ces activités peuvent handicaper l'accès des femmes à l'emploi, alors qu'elles sont absolument essentielles au développement de nos sociétés.

Les 35 heures s'inscrivaient bien dans la perspective d'une meilleure répartition non seulement de l'emploi, mais aussi de ces activités qui fondent la vie commune. Toutes les enquêtes mettent d'ailleurs en évidence, non seulement que les 35 heures ont très majoritairement été consacrées, par les hommes et les femmes, aux activités familiales, mais aussi que les Français continuent à souhaiter, plus encore que les autres pays européens, disposer de plus de temps pour les activités parentales. Pour une majorité de nos concitoyens, l'emploi idéal est précisément celui qui permettrait de concilier vie professionnelle et vie familiale.

Deux grandes réformes sont donc devant nous et doivent constituer pour les socialistes la priorité. Premièrement, plutôt que de réparer (mal) et de subventionner le développement d'emplois précaires, peu qualifiés, bref, des bad jobs, la puissance publique doit investir massivement dans la qualification à tous les âges de la vie, dès le plus jeune âge, de manière à doter chacun le plus équitablement possible des capacités qui lui permettront de s'orienter, d'accéder à l'emploi et de participer pleinement à la vie sociale. Le développement d'un service public d'accueil de la petite enfance et la qualité de l'emploi en constituent deux éléments-clés.

Deuxièmement, réorganiser en profondeur les services publics chargés de l'emploi et de l'insertion pour les faire passer de l'ère du contrôle et de la prescription à celui de la décentralisation et de l'aide bienveillante. L'objectif est de permettre à tous les chômeurs de bénéficier d'un accompagnement personnalisé vers l'emploi et à tous les travailleurs de disposer d'une assurance emploi effective. L'exemple des pays nordiques montre que cela ne peut se réaliser qu'en donnant toute sa place à la négociation sociale. Il s'agit là de la clef d'un véritable plein-emploi qui permette à la fois de travailler tous et de travailler mieux.

Souce : Le Monde en date du mardi 17 juin 2008. Dominique Méda est sociologue et Pierre-Alain Muet est économiste et député PS.

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16 juin 2008

AUDIOVISUEL PUBLIC : REFORMER OUI, CASSER NON, PAR CATHERINE TASCA

Depuis le 28 janvier, une pluie d’annonces s’est abattue sur le paysage audiovisuel, de la plus grandiose (suppression totale de la publicité, fin de la "dictature de l’audimat") aux plus concrètes et ciblées (la deuxième coupure, l’abaissement des obligations). On pourrait résumer la ligne de fond de toutes ces mesures, rompant un équilibre précaire, par : amaigrissement de l’audiovisuel public d’un côté, et de l’autre, gratifications aux chaînes privées.

La première option est clairement annoncée avec, à terme plus ou moins proche, la suppression de la publicité soit un tiers des ressources du service public que l’on sait déjà sous financé, et en même temps blocage au niveau de 2002 de la ressource provenant de la redevance, avec peut-être indexation sur le coût de la vie. Six années perdues.

Dans le même temps, les principales chaînes privées TF1 et M6 non seulement voient enfin couronnés leurs efforts de plus de 20 ans, "à chaînes privées, ressources privées, à chaînes publiques, ressources publiques", mais en plus elles obtiennent à très court terme la deuxième coupure et la révision de leurs obligations de production et de diffusion. Et, cerise sur le gâteau, elles entrevoient enfin la levée des seuils de concentration, tout cela avec la bénédiction du ministre de la culture et de la communication. De quoi mettre en appétit les grands groupes français dont l’empire sur les médias ne demande qu’à se développer. Foin du pluralisme. Et foin de l’équilibre recherché depuis deux décennies entre secteur public et secteur privé. Secteur privé donc on attendait qu’il contribue lui aussi avec ses règles propres à une mission globale d’intérêt général de l’ensemble des médias audiovisuels. Car au delà des discussions sur la redevance et sur la publicité, qui sont largement des leurres, et n’auraient pas dû être le point d’entrée dans un débat sérieux sur l’audiovisuel public, il y a un débat autrement plus important qui est celui des enjeux de l’audiovisuel.

Aujourd’hui plus qu’hier, les Français tiennent à leur télévision. Celle-ci est leur principale pratique «culturelle», elle est aussi l’espace de communication et de divertissement le plus largement partagé par nos concitoyens, elle est enfin leur première et souvent unique source d’information politique et citoyenne.

Elle ne peut donc pas être exonérée de sa responsabilité dans la vie de notre société. Réduire cette responsabilité pour le profit des chaînes privées, ce n’est pas seulement faire porter une charge accrue sur les chaînes publiques, dont les moyens amoindris seraient encore moins à la hauteur de leurs missions, en particulier en matière de création, mais aussi livrer le public aux entreprises purement commerciales des opérateurs privés.

Foin donc du mieux disant culturel qui n’engageait que ceux qui y ont cru… Ce nouveau déséquilibre met l’audiovisuel, qu’on prétend valoriser en le "purifiant" de toute publicité, dans la situation d’un assiégé désarmé auquel on intime l’ordre de défendre la citadelle de la culture, de l’éducation, de la citoyenneté. Si l’on doit reconnaître qu’à une nouvelle époque doivent répondre un certain nombre de réformes, pour l’audiovisuel comme dans bien d’autres secteurs, on ne peut accepter sans crier, sans résister, l’entreprise déterminée de démolition de France Télévisions menée par M. Sarkozy et son gouvernement et l’entreprise de diversion laborieuse, peut être sincère, de M. Copé et de sa commission.

On ne peut non plus s’empêcher d’inscrire tout cela sur une toile de fond avec mise en cause répétée par le pouvoir du rôle des journalistes, du rôle de l’AFP, de la qualité des programmes de l’audiovisuel public et bientôt sans doute des managements de ces chaînes. Les Français doivent prendre conscience que l’audiovisuel public est un bien collectif, un acquis de la République, qui est ainsi menacé sur un double front, idéologique et économique. Se donner les moyens de moderniser, de réformer l’audiovisuel public certes mais lui garantir un espace solide, un financement pérenne, une gestion responsable et indépendante, tel est le devoir et l’intérêt de la communauté nationale. Tout le contraire de la casse où le conduit l’offensive actuelle du Président et du Gouvernement et des forces financières. Une casse dont les Français seraient les premières victimes. L’audiovisuel public est d’ores et déjà profondément destabilisé. Il faut dire stop et organiser avec ceux qui le font vivre une vraie réflexion pour garantir son avenir.

Source : Libération en date du lundi 16 janvier 2008. Catherine Tasca est Sénatrice des Yvelines et ancienne Ministre de la Culture et de la Communication.

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11 juin 2008

REPRODUCTION SOCIALE ET DROIT A L'AVENIR, PAR OLIVIER DUSSOPT

Pour la première fois, une génération entière est convaincue qu’elle vivra moins bien que celle de ses parents. Un fils d’ouvrier ou d’employé a toujours autant, sinon plus, de chances d’être lui-même ouvrier ou employé que dans les années 60. L’accès à une formation supérieure s’est élargi mais l’obtention d’un diplôme d’études supérieures reste largement prédéterminée par les origines sociales des étudiants.

Si les causes de ce constat se trouvent en partie dans la crise économique et sociale actuelle, le mal semble plus profond.

La massification et la démocratisation de l’enseignement supérieur devaient résoudre des inégalités, on ne peut que déplorer l’échec de ce mouvement qui n’a résolu en rien la question de l’égalité des chances. Le déterminisme social par l’appartenance à une catégorie socioprofessionnelle s’accompagne désormais d’un déterminisme en fonction de son lieu de naissance ou de résidence.

Logiquement et simultanément, l’homogamie sociale reste de mise et maintient une distance forte entre les différents groupes sociaux composant la société.

Cet échec à assurer une véritable promotion sociale est d’autant plus patent que la crise économique, le chômage et le développement de la précarité ont aggravé le sentiment de déclassement. En effet, confronté à la remise en cause et à la dégradation de leur situation, celles et ceux ne croyaient déjà plus en la possibilité d’une ascension sociale sont désormais persuadés qu’ils vont occuper un statut encore moins valorisant que celui de leurs parents dans la société et que cela ne relève de leur seule responsabilité.

L’ascenseur social est en panne et cela se constate chaque jour un peu plus avec l’impossibilité toujours plus grande d’accéder à un emploi stable, la remise en cause des retraites, la crise du logement.

Parallèlement à cela, le décrochage citoyen avec une frange toujours plus importante de la population qui se désintéresse de la vie publique apparaît comme une conséquence directe de cette crise. Une frange toujours plus importante qui ne croit plus en la politique comme en un outil au service de la transformation et du progrès social.

C’est en cela que la gauche, les progressistes, doivent se saisir de cette question de la reproduction des inégalités sociales. C’est parce que cela touche à l’émancipation individuelle et collective que la promotion sociale et l’égalité des chances doivent être placées au coeur de nos réflexions. Au delà de ce constat l’objectif de l’action publique doit prendre deux formes. Elle doit d’abord consister à réhabiliter une action collective et à lutter contre l’individualisme. La promotion sociale ne doit pas être possible que par une concurrence acharnée avec celui qui partage le même sort et la même condition. Elle doit aussi consister en une politique volontariste, en particulier dans le domaine éducatif. Il s’agit de corriger les inégalités de dotation en capital social, économique et culturel. Permettre par l’école et le développement d’activités periscolaires à chaque enfant d’avoir les références culturelles nécessaires à la réussite scolaire. Donner à la laïcité tout son sens en construisant un cadre d’action publique neutre et permettant à chacun de réussir sans que soit tenu compte de ses origines ou de ses traits identitaires.

Développement des pratiques et de l’accès à la culture, renforcement des capacités du système d’orientation doivent être autant de priorités. L’autonomie doit être offerte à celles et ceux qui manquent des moyens matériels nécessaires à la concrétisation de leurs projets par une allocation personnalisée et tenant compte de la situation objective de chacun. La mobilité doit aussi faire l’objet de politique publique volontaire avec un soutien aux étudiants devant quitter leurs régions et ainsi faire face à des coûts plus importants que ceux engendrés par des cursus plus locaux.

Revaloriser l’action publique, c’est aussi lui rendre sa capacité à changer la vie et à transformer la société pour qu’elle soit plus juste. C’est aussi, et plus fondamentalement encore, le propre de la République que d’être émancipatrice et de permettre la progression de chacun de ses citoyens.

Résoudre la question de l’égalité des chances est un objectif ambitieux, il s’agit d’abord de faire en sorte que personne ne soit empêché de réaliser son rêve pour des raisons liées à son statut .Il s’agit, pour nous, de réhabiliter le droit à un avenir.

Source : www.reconquêtes.eu. Olivier Dussopt est député socialiste de l'Ardèche.

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