07 mai 2007

PREMIER BILAN DE L'ELECTION PRESIDENTIELLE

BENOIT_HAMON

Quel est votre sentiment à la lecture des résultats ?

On ne s’attendait pas à une défaite aussi nette. C’est une grosse déception, surtout si on se retourne sur le scénario « successful » qui aurait dû être le notre. Victoire aux régionales, mouvements sociaux d’importance, crises gouvernementales, CPE… Si on ajoute Le Pen et Bayrou pour troubler le jeu, on aurait quand même dû être favori.


Mais on s’est heurté aux conséquences, qu’on a peut-être sous-estimées, d’un travail très ancien de la droite sur la société française. Un combat gagné sur la dialectique, qui a imposé des définitions au peuple sur des mots tels que mérite, travail, sécurité, immigration, et qui a rendu nos réponses infructueuses.

Quel avenir désormais pour le PS ?

Il faut nous inscrire dans la construction d’un grand parti de gauche avec une base électorale à 30/35%. La tâche qui est la nôtre, c’est de ne pas tomber dans l’euphorie des 47%, ni dans la déprime post-47%. Pour cela, on doit s’adresser à ceux qui font vivre la gauche, du PCF à la LCR en passant par les Verts. Il nous faut mettre de la clarté dans tout ça, dans nos débats et relancer les bases d’un grand projet de gauche.

Que pensez-vous de l’attitude de Ségolène Royal et de son discours d’après-résultat, à l’opposé de Jospin en 2002 ?

Jospin avait permis une chose en se retirant : il réglait de fait la question de la responsabilité de la défaite. Là, on doit se poser la question du diagnostic et se demander qu’est-ce qui justifie la défaite ? On ne peut pas demander à Ségolène Royal de sortir de la campagne dès ce soir, mais le Premier secrétaire va devoir prendre ses responsabilités et rebondir tous ensemble, collectivement. Il faut se faire à l’idée que le parti pour lequel on militait n’existe plus.

Quelle stratégie adopter pour les législatives ?

Il faut défendre l’idée que les Français doivent donner des contre-pouvoirs puissants pour éviter que Sarkozy puisse tomber dans les excès que l’on redoute. Sincèrement, on ne va pas chercher la grande révolution démocratique en cinq semaines. J’espère qu’il n’y aura pas de confusion avec un éventuel renversement d’alliance.

L’ouverture au centre ne vous semble pas crédible ?

Si on avait gagné, on pouvait se poser la question. Dès lors qu’on a paumé… Franchement, si nos candidats doivent se traîner un débat sur les alliances avec l’UDF durant toute la campagne, on ne s’en sortira pas. Je n’imagine pas DSK vouloir faire émerger un centre fort, car il sait comme moi que le parti de Bayrou n’a comme seul objectif d’être présent au second tour en 2012 face à Sarkozy. On va quand même pas lui donner un coup de pouce pour ça…

Propos recueillis pour 20 Minutes par Stéphane ALLIES

Posté par AMBROISE_NPS à 12:53 - Commentaires [2] - Permalien [#]

Commentaires sur PREMIER BILAN DE L'ELECTION PRESIDENTIELLE

    Le bébé et l'eau du bain...

    On s'attend jamais à une défaite mais dans notre cas une victoire n'était pas plus probante. Maintenant la première cause de notre défaite c'est d'abord une crise du leadership au PS depuis la précédente défaite justement de 2002. Une campagne comme celle qui vient de se passer ne devait pas seulement "gagner" cette election mais aussi inscrire durablement une personne, un projet à gauche. Perdre est difficile. Mais chaqu'une doit rendre plus mature pour les suivantes. On ne peut pas à chaque élection perdue "jeter le bébé et l'eau du bain...." et recommencer une autre crise. ATTENTION!!!

    Posté par Louve, 07 mai 2007 à 16:08 | | Répondre
  • Le bébé et l'eau du bain...

    On s'attend jamais à une défaite mais dans notre cas une victoire n'était pas plus probante. Maintenant la première cause de notre défaite c'est d'abord une crise du leadership au PS depuis la précédente défaite justement de 2002. Une campagne comme celle qui vient de se passer ne devait pas seulement "gagner" cette election mais aussi inscrire durablement une personne, un projet à gauche. Perdre est difficile. Mais chaqu'une doit rendre plus mature pour les suivantes. On ne peut pas à chaque élection perdue "jeter le bébé et l'eau du bain...." et recommencer une autre crise. ATTENTION!!!

    Posté par Oulve, 07 mai 2007 à 16:10 | | Répondre
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