17 avril 2008

TRANSFORMER L'ESSAI DES ELECTIONS LOCALES, PAR GUILLAUME BALAS

La droite a subi une défaite sans appel lors des élections cantonales et municipales. En permettant à la gauche de conserver de nombreuses villes et en lui donnant les clés de municipalités tenues par la droite, les électeurs ont envoyé un message fort au gouvernement et à Nicolas Sarkozy : ils rejettent les politiques que mène sa majorité.

Le masque s’est fissuré et Nicolas Sarkozy qui a tenté de faire croire qu’il serait le candidat des salariés n’est plus crédible, comme le démontre le vote des classes populaires qui ont massivement voté à gauche. Avec ce vote, au-delà de l’adhésion aux projets locaux, ce sont bien les politiques libérales que les électeurs français ont sanctionnées.

Si la droite est contrainte par les résultats électoraux de ralentir le rythme de ses réformes, elle n’a pas pour autant renoncé à son entreprise de démolition sociale. Après avoir vidé les caisses de l’Etat en accordant des cadeaux fiscaux de 15 milliards aux plus riches, le gouvernement cherche à combler le déficit en organisant la réduction des dépenses publiques. Ainsi, en diminuant les crédits du logement, de la santé, de l’emploi, ce sont les services publics qui manquent déjà de financements qui vont être davantage asphyxiés. D’autre part, la "réforme" des retraites se profile dans le but d’augmenter la durée de cotisation à 41 annuités. Sous couvert de régler le problème de financement de la sécurité sociale, cette mesure aura surtout pour effet de réduire les pensions des retraités.

Pour Nicolas Sarkozy, ce sont donc les salariés qui devront payer les pots cassés des cadeaux qu’il a accordés aux plus fortunés, et c’est ce qui explique la multiplication des mouvements sociaux aujourd’hui. Les employés de la grande distribution qui ne voient pas le "président du pouvoir d’achat" répondre à leurs attentes, les enseignants et les lycéens qui refusent les réductions de postes dans les établissements, les salariés dont les usines sont menacées de fermeture ou de réductions d’effectifs, se mobilisent tous depuis plusieurs semaines. La place des socialistes est aux côtés des salariés dans une opposition franche au gouvernement.

Les Français attendent cependant davantage du Parti socialiste que d’être une simple force d’opposition : ils espèrent que nous pourrons construire un projet alternatif et crédible pour accéder aux responsabilités nationales en 2012. Le Parti Socialiste ne peut se satisfaire de remporter les échéances locales alors qu’il n’a gagné qu’une seule élection nationale depuis 1988 ! Pour construire ce projet socialiste alternatif, il faudra donc être plus ambitieux que nous ne l’avons été auparavant. Les socialistes doivent aujourd’hui, notamment, s’interroger sur la crise financière et économique mondiale. Alors que les Etats-Unis s’apprêtent à développer la régulation publique, il n’est pas concevable que de trop nombreux socialistes en Europe continuent à être les apôtres du libéralisme économique ! Cette démonstration de la faillite du capitalisme financier et du libéralisme doit nous interroger. Un Parti Socialiste moderne n’est pas un Parti qui choisi le renoncement et l’adaptation, mais bien un Parti au coeur de la gauche, qui répond aux aspirations de ses électeurs en proposant une alternative crédible au modèle libéral.

Source : Guillaume Balas, Mandataire du NPS Paris, Haut et Fort, La lettre du Nouveau Parti Socialiste 75, 15 avril 2008. Télécharger, ici, la lettre

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